Une étude internationale révèle que le coût des bâtiments durables est largement surestimé.

21.08.2007
 

 

 

Une nouvelle étude publiée par le Conseil Mondial des Entreprises pour le Développement Durable (WBCSD), dans le cadre du projet « Efficacité Energétique des Bâtiments » dirigé par Lafarge et United Technologies, révèle que les professionnels du secteur de la construction surestiment de 300% les coûts liés à la construction de bâtiments respectueux de l'environnement. Ce projet affirme le besoin urgent de bâtiments à bilan énergétique nul.

 

Selon cette étude, la méconnaissance des coûts et bénéfices réels engendrés par la construction de « bâtiments verts » est un frein majeur à la construction de bâtiments à faible consommation énergétique.

 

Ainsi, l'échantillon de 1400 professionnels ayant participé à cette étude évaluent à 17% les coûts supplémentaires d'un bâtiment vert par rapport à une construction classique, soit plus de trois fois le surcoût réel, qui n'est que d'environ 5%. De la même façon, ils jugent que les bâtiments sont responsables de 19% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, alors que ce taux est de 40%, soit plus du double de leur estimation.

 

Ces chiffres sont issus du rapport « Energy Efficiency in Buildings : Business realities and opportunities » (Efficacité énergétique des bâtiments : réalités et opportunités), qui rend compte de la première phase du projet lancé sous l'égide du WBCSD (rapport disponible sur www.wbcsd.org). Le projet est co-dirigé par United Technologies Corp. et Lafarge. Les sociétés CEMEX, DuPont, Electricité de France, Gaz de France, Kansai, Philips, Sonae Sierra et Tepco y participent également.

 

A l'occasion de la publication de ce rapport, George David, PDG de United Technologies Corporation, a déclaré :

« L'explosion du secteur du bâtiment dans les pays émergents a créé une opportunité formidable pour construire différemment et réduire considérablement les besoins en énergie. Associer les technologies existantes à une conception basée sur le bon sens pourrait permettre d'accroître l'efficacité énergétique de 35% et de réduire les coûts de chauffage de 80% pour un bâtiment moyen dans un pays industrialisé. »

 

Pour sa part, Bruno Lafont, PDG de Lafarge, a déclaré :

« Le monde vit actuellement une phase de transformation rapide, caractérisée par une forte croissance démographique et économique entraînant une urbanisation d'une ampleur sans précédent. En tant que leaders industriels, il est de notre responsabilité de nous assurer que cette croissance s'accomplit dans le respect des principes du développement durable.»

 

« L'analyse du cycle de vie montre que 80 à 85 % de la consommation totale d'énergie et des émissions de CO2 d'un bâtiment proviennent de son usage : chauffage, climatisation, ventilation, eau chaude sanitaire. Si nous voulons agir sur le changement climatique, nous devons relever ce défi. Dans la conception d'un bâtiment, son enveloppe, sa « peau » peut jouer un rôle majeur : l'utilisation de matériaux adaptés peut permettre de réduire considérablement la consommation énergétique, d'augmenter la durée de vie du bâtiment et de garantir des performances stables à long terme.»

 

Bjorn Stigson, Président du Conseil Mondial des Entreprises pour le Développement Durable (WBCSD), considère quant à lui que :

« Afin de changer la donne dans le domaine de l'efficacité énergétique des bâtiments, il faut un cadre législatif et réglementaire fort. Les gouvernements et les autorités locales doivent mettre en place des politiques qui vont dans le bon sens. »

 

L'étude révèle également que moins d'une personne interrogée sur sept a participé directement à un projet de construction durable. En Allemagne, ce chiffre est plus élevé (45%) tandis qu'en Inde, la mise en œuvre de la construction durable est à un stade plus précoce (5%). Parmi les architectes, les ingénieurs et les prescripteurs, environ 20% indiquent avoir pris part à un projet de construction durable. Seuls 9% des utilisateurs (propriétaires et locataires) disent avoir été confrontés au sujet.

 

Les bâtiments sont responsables de 40% de la consommation totale d'énergie primaire au niveau mondial. La consommation énergétique des bâtiments est amenée à augmenter de façon significative, notamment dans les pays les plus peuplés et en forte croissance tels que la Chine et l'Inde.

 

Alors que le projet « Efficacité énergétique des bâtiments » du WBCSD œuvre pour la construction de bâtiments à bilan énergétique nul dans le monde entier, ce rapport révèle qu'il existe une opportunité majeure à promouvoir le savoir-faire et les technologies permettant la construction de bâtiments verts. La conception de ces bâtiments performants réduira la demande énergétique grâce à leur capacité à produire au moins autant d'énergie qu'ils en consomment.

 

Le projet « Efficacité énergétique des bâtiments » du WBCSD est une initiative triennale qui vise à évaluer l'impact environnemental des bâtiments et à élaborer des solutions pour la construction de bâtiments résidentiels et commerciaux à bilan énergétique nul.

 

Basé à Genève (Suisse), le WBCSD rassemble environ 200 entreprises autour d'un engagement commun pour le développement durable au travers des principes de croissance économique, de respect de l'environnement et de progrès social. Ses membres proviennent de 35 pays et de 20 grands secteurs industriels. Pour de plus amples informations : www.wbcsd.org.

 

Lafarge, basée à Paris, est le leader mondial des matériaux de construction, avec une position de premier plan dans chacune de ses activités : Ciment, Granulats & Béton, et Plâtre.

 

United Technologies Corp., dont le siège est situé à Hartford, dans le Connecticut, commercialise à l'échelle mondiale des produits de haute technologie et des services destinés à l'industrie du bâtiment et à l'aéronautique. Pour de plus amples informations : www.utc.com.

 
 
  • Le communiqué de presse (pdf, 185.07 Ko)
  • L’étude (en anglais) (pdf, 3.68 Mo)